Epave de la baie de Kerogan : fin de l’énigme

Lors de votre croisière promenade au fil de l’Odet le bateau remontera la rivière jusqu’à la baie de Kerogan à l’entrée de Quimper, là où se trouve une épave depuis plusieurs années. Mais d’où vient ce bateau qui intriguent de nombreuses personnes… Ouest France a mené son enquête et la réponse se trouve dans son article du jeudi 27 juillet 2017.

Article Ouest France 17/07/17

Vestige d’un drame de mer ou bateau désarmé et abandonné dans la vasière ? L’épave de Kérogan est connue de nombreux habitants de Quimper (Finistère), mais pas son histoire. Appel à témoins.

L’histoire

Aux portes de la ville, là où l’Odet cesse d’être maritime pour devenir urbain, varangues offertes à tous vents, repose une épave. Depuis quand ? Après un drame ? Un bateau abandonné dans un cimetière solitaire ?L’épave de la baie de Kérogan, à Quimper (Finistère) est un mystère.

Mais l’enquête a commencé. Pas de réponse du côté du bureau des Affaires maritimes du Guilvinec, qui gère cet espace de l’estran. Idem à la brigade nautique de gendarmerie basée à Port-la-Forêt, qui renvoie vers les Affaires maritimes. Pas de réponse non plus aux archives municipales. Mais, à force de fouiller, les archivistes ont fait resurgir les « accidents et drames de la navigation » recensés dans l’ouvrage Quimper, un siècle d’histoire, d’Alain Le Grand.

Panique à bord

L’auteur remonte jusqu’en 1855, un temps bien trop lointain pour notre épave, mais relate un drame qui a choqué Quimper à son époque. Il y raconte le naufrage du Poniatowski, en baie de Kérogan aussi appelée Ledanou. Un voilier à passager qui se rendait au pardon de Bénodet avec 37 personnes à bord. « Le beau temps se trouve contrarié par un vent soufflant assez violemment du Nord. Le clapotis observé le long des quais se transforme en vagues qui forcissent dans le Ledanou. »

Sous les risées le poussant dans l’Odet, le bateau prend de la gîte. Chargée de passagers, l’étrave enfourne au moment où une vague embarque. C’est la panique à bord. La gîte s’accentue. Le bateau chavire. Le bilan de ce drame de mer est dramatique. Le naufrage coûta la vie à 29 personnes, dont 16 jeunes femmes et deux enfants. « Toute la journée le glas tinte à la cathédrale, tandis que l’on enterre les premières victimes. » D’autres naufrages sur l’Odet sont recensés dans l’ouvrage, mais beaucoup plus bas sur la rivière. Clairement, notre épave sur la vasière ne peut pas être le Poniatowski.

Cimetière marin ?

Pour notre mystère une autre piste, sans doute la plus probable, est à suivre. C’est plutôt du côté de l’anse de Penfoul et de son cimetière marin, à Bénodet, qu’il faut chercher. Il y a encore quelques dizaines d’années, il arrivait que les bateaux en fin de vie, plutôt que d’être déconstruits, soient désarmés et abandonnés dans les vasières. Une pratique que l’on retrouve souvent sur le littoral breton, comme justement à Penfoul, mais aussi au fond de l’estuaire du Guilvinec mais surtout à Kerhervy, dans le Morbihan, ou les carcasses s’entassent dans les méandres du Blavet. Ce qui soulève une nouvelle question : que fait cette épave, si seule, en haut de la rivière, alors qu’elles sont plusieurs à l’embouchure ?Si vous connaissez les réponses à toutes nos interrogations n’hésitez pas à nous les faire connaître et à enfin lever le mystère.

 

Article Ouest France du 27/07/17

Patrick Cariou, retraité passionné d’histoires de mer et ancien marin a croisé le thonier du temps de sa splendeur. Depuis 40 ans, le « Petrouchka » n’en finit pas de mourir dans l’Odet maritime, aux portes de Quimper (Finistère).

L’histoire

C’est grâce à un de nos lecteurs que le mystère de l’épave de la baie de Kerogan vient d’être dévoilé(Ouest-France du 16 juillet et du 24 juillet).Patrick Cariou est un passionné de l’univers maritime. Avant de faire une longue carrière à La Poste, le sexagénaire a embarqué à la pêche, de 1965 à 1968, sur un armement bigouden du Guilvinec.

De ses années de mer, il a gardé de nombreux souvenirs aux goûts d’embruns. « J’ai fait le thon en 1968 et ce bateau-là faisait le thon avec les gars de l’île d’Yeu, confie l’ancien marin. Cette coque c’est celle de Petrouchka, un thonier de 17 m de long. »

Thonier aux Açores

C’est à La Corogne et à Vigo, sur la côte Ouest de l’Espagne, mais surtout dans les eaux des Açores que Patrick a croisé pour la première fois Petrouchka. « La période de la pêche au thon se déroule de juin à septembre, explique Patrick Cariou. Dans ces années-là, tout était axé sur le thon. La première marée, d’environ trois semaines, se déroulait au large des Açores.

Ensuite, le thon remonte vers le Nord, jusque sur nos côtes. On laissait les prises sécher sur le pont avant de les mettre en cale et de les conserver dans la glace.

Plus tard, en saison, le bateau venait pêcher le merlu au filet sur les côtes bretonnes et venait souvent débarquer sa pêche à la criée du Guilvinec. Dans les années 1970, il a été remplacé par un autre bateau en acier et a dû être vendu à un gars de Morlaix. »

Une période où les renouvellements de flottes étaient fréquents et où les carrières des navires qui ne convenaient plus, victimes des « plans de casse », finissaient sous les dents des godets des pelleteuses. « Celui-là, on l’a laissé finir sa vie sur la vasière de Quimper. À l’époque, il y avait aussi un bateau de Saint-Guénolé Penmarc’h, Marie Suzanne, qui est longtemps resté à quai à Quimper, au Cap Horn, avant de finir lui aussi, un peu plus bas dans la vasière. »

Cimetières marins

À l’époque, quand les bateaux n’étaient pas détruits, les us et coutumes toléraient qu’ils soient abandonnés dans les vasières. « Dans l’anse de Penfoul, à Bénodet, on trouve l’Amazone, un ancien bateau de pêche de Lesconil. »

Pour le Petrouchka, Patrick se souvient très bien de son arrivée au port du Corniguel. « C’était vers la fin des années 1970. J’habitais à Kermoysan, mais je venais souvent me promener avec mes enfants sur les bords de l’Odet. Le Petrouchka possédait une passerelle en acier qui a dû terminer chez le ferrailleur avec son moteur, avant que la carcasse ne soit abandonnée dans l’Odet. »

Une pratique dorénavant interdite par une circulaire de 2010, du ministère de l’Écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer. Un avantage certain pour l’environnement, mais une grosse perte pour l’imaginaire dans lequel ces épaves trouvent leur place. D’autant que ces coques en bois auront toutes disparu d’ici quelques décennies.

Vous connaissez déjà l’histoire de Petroucka mais en embarquant à bord des Vedettes de l’Odet notre guide vous apprendra bien d’autres histoires de notre si belle région ! Croisière Promenade sur l’Odet au départ de Bénodet, Loctudy et Quimper.

 

Depuis 1962
Paiement sécurisé
Infos et résas au
02 98 57 00 58